Notre romanciere, ancienne presidente du jury Goncourt, fut d’abord une combattante pendant la Seconde Guerre mondiale.

Notre romanciere, ancienne presidente du jury Goncourt, fut d’abord une combattante pendant la Seconde Guerre mondiale.

9. april 2022 rencontres-coreen inscription 0

Notre romanciere, ancienne presidente du jury Goncourt, fut d’abord une combattante pendant la Seconde Guerre mondiale.

Edmonde Charles-Roux a regne. Sur la presse, sur le (grand) monde. Et sur le coeur de Gaston Defferre, donc sur celui de Marseille. Puis i§a a ete elue presidente. C’etait a l’academie Goncourt dont elle fut membre pendant trente-trois annees.

On a bien evoque d’elle. Qu’elle etait belle, intelligente, cultivee, courageuse, proche de la plus haute societe tel intime des meilleurs artistes de son temps. L’ensemble des epithetes flatteuses allaient a son teint. Neanmoins, personne ne lui a pas accole le terme de « familiere ». Edmonde Charles-Roux etait d’abord une femme du monde.

A Marseille, sa ville adoree, ou l’on n’ignorait rien de son caractere ainsi que sa personnalite, on l’appelait la « dame de fer » depuis son mariage avec le maire. Mais on connaissait sa propre famille depuis des generations. Des le XIXe siecle, les Charles-Roux y avaient tenu le haut du pave. Proprietaires de savonneries, armateurs, deputes attaches a l’expansion de une empire colonial, ils y symbolisaient la haute bourgeoisie triomphante en IIIe Republique qui fournissait le pays en industriels et en grands commis de l’Etat. Parfois, comme son pere, ils etaient l’un et l’autre.

A 15 annees, Edmonde Charles-Roux a deja compris qu’on n’eteint pas la lumiere en fermant le regard

Avant d’etre le dernier president en richissime Compagnie de Suez, nationalisee via Nasser en 1956, Francois Charles-Roux avait ete un grand ambassadeur a la veille en Seconde Guerre mondiale. A l’epoque, le Quai d’Orsay etait le club le plus chic de France, plus select i  nouveau que le Jockey. On y rencontrait des Margerie, les Chambrun, les Francois-Poncet et l’ensemble de ces fils de famille qui incarnaient l’elegance patricienne francaise mais defendaient la Republique et ses valeurs face a toutes les voyous tenant les renes a Berlin, Rome, Madrid et ailleurs. L’Europe etait leur salon.

C’est parmi eux que, petite fille, Edmonde a decouvert l’univers au sein d’ des ambassades nos plus prestigieuses, a Prague, puis a Rome, aupres du Saint-Siege, a deux aucun l’espace de Venise d’ou Mussolini haranguait l’affluence. Inutile de dire que si, en ces annees-la, des bambins pouvaient etre vus mais pas entendus, elle n’en ouvrit jamais moins grands les yeux.

Rien ne lui echappa du spectacle quotidien d’une brutalite fasciste. Ni de l’impuissance de nos diplomates en cachemire qui saisissaient leurs pinces a sucre concernant contrer les haches de Hitler. Marquee a vie, Edmonde fut de pallier au dernier jour une femme de gauche. A 15 annees, deja, elle avait compris qu’on n’eteint nullement la lumiere en fermant les yeux. Dans l’existence, il va falloir se battre. Au moment oi? Beyrouth eclate, cette dernii?re a 20 annees, et les filles de le milieu, avec leur col en dentelle et leurs gants blancs, ont l’air de Cendrillon au bal. Manque cette dernii?re. Alors que son pere va devenir secretaire general du Quai d’Orsay a le poste d’Alexis Leger, elle s’engage comme infirmiere et elle reste blessee. Apres la debacle, pas question de se resigner, elle collabore pour la Resistance. Et, en 1944, des le Debarquement en Provence, elle entre a J’ai 5e DB et mene campagne jusqu’a la victoire.

Gaston Defferre la contemple comme la voute celeste et cette dernii?re le seconde dans la cite

Infirmiere, elle soigne beaucoup de legionnaires, devient extremement populaire, notamment aupres des Tcheques dont elle comprend la langue, et va i?tre faite caporal d’honneur en Legion etrangere, une distinction dont elle restera aussi fiere que de sa croix de guerre et de sa Legion d’honneur ou elle atteindra le grade de grand officier. J’ai paix etablie, elle redevient votre qu’elle reste : une vraie beaute du gratin qui se exige votre qu’elle va bien pouvoir faire de sa vie. Pas question de se ranger en annoncant ses fiancailles dans le carnet mondain du « Figaro ». Avec la souplesse des petits chats, qui retombent forcement sur leurs pattes, elle atterrit dans la presse. Elle est belle, elle a votre merveilleux carnet d’adresses plein de De… et de Du…, la presse feminine l’accueille a bras ouverts. D’abord a « Elle », avec Helene Lazareff, puis a « Vogue ». Mais c’est mal la connaitre d’imaginer qu’elle va se contenter de mondaniser pour le journal. Ce n’est nullement le champagne qu’elle veut Realiser couler, c’est l’encre.

Et, la i  nouveau, le energie renverse tout concernant son passage. En six annees, elle devient redactrice en chef et cree un look. Fini, les photos posees et nos legendes composees, le style petite dame, nos renvois d’ascenseur, les seances maquillage. Elle n’a gui?re des yeux Afin de recopier cela s’fait deja. Elle appelle les meilleurs photographes (William Klein, Richard Avedon, Irving Penn, Guy Bourdin), rameute ses amis ecrivains (Violette Leduc, Francois Nourissier, Francois-Regis Bastide) et leur laisse carte blanche en disant, comme Diaghilev a Cocteau : « Etonnez-moi. » Ca marche. Elle n’a nullement peur de choquer et d’imposer le opinion au cric. L’art et Notre presse ne semblent pas faits Afin de changer le monde mais pour le montrer. Aussi, allons-y ! Un jour, elle fera poser des mannequins sur le mur de Berlin ! Une nouvelle fois, elle pretend mettre une top model noire en couverture. La, c’en reste trop pour le groupe Conde Nast. Mes provocations de la gauche caviar parisienne font vraisemblablement nombre rire Aragon et sa petite bande (dont Edmonde reste votre suppot) mais passent par-dessus la tete des annonceurs de Manhattan qui ne veulent jamais prendre leurs lecteurs a rebrousse-poil. Edmonde claque la a.